DOSSIER – Les nikkei, brésiliens d’origine japonaise (1/3)

Affiche pour l'immigration (années 30)

On estime à 1,5 millions le nombre de brésiliens descendants d’immigrés japonais, le Brésil étant le pays où l’on trouve le plus de japonais en dehors du Japon. Entre intégration et revendication identitaire, les nikkeis occupent une place particulière dans le patchwork de la société brésilienne. Lepetitjournal.com vous propose un dossier spécial sur la communauté japonaise au Brésil. Pour ce premier volet : un peu d’Histoire…

En 1908, le Kasato-Maru, accoste dans le port de Santos, transportant 781 japonais venant s’installer sur le sol brésilien. Cette expédition s’inscrit dans le cadre d’un accord diplomatique entre les deux pays, le Japon étant alors en pénurie alimentaire et le Brésil en manque de main d’œuvre. Les premiers japonais travaillent dans les plantations de café, tentant de s’adapter à des conditions de vie très différentes de celles du Japon. En trente ans,

Ryu Mizuno (centre) qui organisa le premier voyage

environ 200.000 japonais immigrent  et commencent à former des colonies autonomes. Dans les années 30, certains de ces japonais s’installent en Amazonie et parviennent à cultiver le poivre, ainsi que de nouveaux types de melons et de papayes. Par la suite, les nikkei commencent à s’implanter dans le commerce et l’industrie. Cette première génération, les « isseis », est marquée par une forte nostalgie de la terre natale et la volonté de perpétuer la tradition japonaise, ce qui entrave souvent leur intégration dans la société brésilienne.

Le tournant de la Seconde Guerre Mondiale
Après une pause pendant le début du conflit, l’immigration japonaise reprend mais rencontre des difficultés sous le gouvernement de Getulio Vargas. Lorsque le Brésil déclare la guerre au Japon, les nikkei sont persécutés, la langue et les manifestations culturelles japonaises sont interdites. L’immigration connait une nouvelle vague à partir de 1952. En parallèle, apparaît la seconde génération de nippo-brésiliens, les « nisseis », premiers japonais à naître sur le sol brésilien.  Cette période est également marquée par la décision pour beaucoup  d´entre eux de rester au Brésil. De nombreuses entreprises japonaises s’´y installent et participent au développement économique du pays. De 70 en 1962, on en compte plus de 250 dans les années 70, pour dépasser les 400 aujourd’hui.  Les nikkei de troisième génération sont appelés « sanseis » et constituent l’essentiel de la communauté japonaise actuelle. Ils ont une approche très particulière de la culture japonaise, et se revendiquent avant tout brésiliens. Quant à elles, les deux dernières générations, les yonseis et rokuseis, se sentent encore plus éloignées de la culture de leurs ancêtres. La majorité ne parle pas la langue et une grande partie des descendants de japonais sont de culte catholique, seul 25% ayant conservé le culte bouddhiste ou shinto.

Le retour à la Terre des Ancêtres

Pavillon japonais au Parc Ibirapuera (São Paulo)

En 1949, a lieu le premier voyage de nikkei au Japon en tant que touristes. Ces descendants de japonais ayant toujours vécu au Brésil découvrent la terre de leurs parents ou grands-parents. Dans les années 80, le Japon, en manque de travailleurs encourage le « retour au pays » des nippo-brésiliens. À la même époque sont aussi organisés les premiers échanges universitaires entre le Brésil et le Japon. Mais souvent les nikkei, bien qu’ayant grandi dans la culture japonaise, sont un peu perdus à leur arrivée sur le territoire japonais. L’immigration au Japon est considérée comme une chance pour les nikkei car les salaires y sont nettement plus élevés. Les dekasseguis comme on les nomme sont souvent ouvriers dans le secteur automobile ou électronique. Certains ne parlent pas la langue et se sentent en décalage avec ce pays qu’ils ont si souvent imaginé. Environ 300.000 japonais descendraient de nippo-brésiliens, constituant la plus grande communauté lusophone asiatique.
Mais avec la crise économique, une grande partie des dekasseguis, travailleurs brésiliens au Japon, ont dû rentrer au Brésil, perdant ainsi leur travail et subissant une perte de niveau de vie très importante. ‏Après une difficile adaptation au Japon, le retour des dekasseguis est souvent délicat car ils ne se sentent ni réellement brésiliens ni totalement japonais.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo) lundi 11 octobre 2010.
A visiter :
Museu Histórico da Imigração Japonesa no Brasil
Rua São Joaquim, 381 – Liberdade
Ouvert du mardi au dimanche de 13h30 à 17h30
Entrée 5R$ (2,5 R$ pour les étudiants, 1R$ pour les enfants, gratuit pour les plus de 65 ans)

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1 commentaire

  1. François-Mary Bourreau

     /  28 février 2011

    Excellent article que j’ai aussi consulté sur le petit journal.
    un pigiste du petit journal.

    Réponse

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