PORTRAIT – Endrigo, jeune professeur de français à l’Alliance Française

Francophone et francophile, Endrigo a eu envie de revenir au Brésil, après avoir habiter habité en France pour faire partager sa passion de la langue et la culture française. Il nous raconte son parcours et sa manière de concilier les cultures de son pays natal et de sa terre d’adoption

Le Petit Journal : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Endrigo : Je m’appelle Endrigo, j’ai 35 ans, je suis né au Brésil de parents brésiliens. Je suis professeur licencié en Histoire (UNESP, Assis, SP). Pendant mon cursus universitaire, je me suis spécialisé dans l’Histoire de la France et cela m’a beaucoup inspiré à partir en Europe.

Vous êtes franco-brésilien, pouvez-vous décrire brièvement votre relation avec vos deux pays, vous identifiez-vous plus à l’un des deux ?
Je suis parti à l’âge de 20 ans pour faire un apprentissage en bijouterie (création/ restauration) grâce à l’aide d’un ami de la famille qui est français et passionné par la restauration de bijoux anciens. Peu à peu, je me suis plongé dans cette culture qui est devenue la mienne. J’ai trouvé un travail, acheté un appartement, et surtout, j’ai acquis la nationalité française. Seulement, après quinze ans de vie en France loin de ma famille et, compte tenu de la situation socio-économique en Europe, j’ai décidé de rentrer au Brésil et mettre en pratique mon expérience en tant que professeur. Aujourd’hui mon cœur balance entre deux continents, mais heureusement il y a Internet pour pouvoir gérer cette distance.

Etes-vous bilingue de naissance ?
Non, mais j’ai appris le français de façon assez rapide car ma mère avait étudié dans un collège français, et donc cette langue était toujours présente dans notre quotidien.

En quoi cela a-t-il influencé votre parcours ? Considérez-vous cela comme un réel avantage ?
Effectivement, je pense que cette influence maternelle m’a beaucoup aidé à trouver mon parcours professionnel, et même ma propre identité. Le français pour moi est plus qu’une langue, il représente une culture et un art de vivre qui m’accompagnent depuis l’enfance.

Pourquoi avoir choisi de venir travailler au Brésil ? Et à l’Alliance Française ?
En vérité ce choix s’est fait tout seul. J’avais d’un côté une Europe où le chômage augmentait chaque jour, et de l’autre un pays émergent comme le Brésil où les possibilités étaient pratiquement infinies. Ce fut alors que j’ai décidé d’unir mon expérience en tant que professeur, la langue, et la culture que j’avais acquis en France pour faire un seul et unique métier : professeur de français. Mon prochain pas, toujours avant de venir, a été de chercher où travailler ici au Brésil. J’avoue que l’idée de devenir professeur dans une école de langues quelconque ne me séduisait pas. Je savais que pour apprendre le français, le lieu par excellence serait l’Alliance Française. Alors j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai préparé mes valises, mon chat et je suis parti à nouveau pour l’aventure. C’est vrai que le fait d’être né au Brésil m’a beaucoup aidé avec la bureaucratie usuelle (visa, permis, etc.), mais j’ai décidé tout seul de courir après mon rêve. Dès mon arrivée, je suis allé à l’Alliance pour avoir un DALF et leur proposer mes services en tant que professeur.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?
Mes projets pour le futur sont : travailler, travailler, travailler… ça parait bizarre mais quand on fait quelque chose qu’on aime, le travail a un autre goût et tout paraît plus simple. J’aime la France et j’aime enseigner, alors pour moi c’est tout gagné ! Je cherche à me perfectionner chaque jour et proposer à mes élèves le meilleur de la France et de la langue française. Je suis constamment à la recherche de nouveaux supports et de techniques d’enseignement pour m’aider et pour compléter les méthodes déjà existantes à l’Alliance.

Désirez-vous vivre plutôt en France, au Brésil, les deux, ou ailleurs ?
Alors, voici une question difficile car le Brésil est mon pays de naissance et la France celui qui m’a adopté. Je compte pouvoir continuer à vivre et à travailler au Brésil tout en allant, dès que je le peux, en France pour revoir mes amis et les gens que j’aime. Je compte continuer à remplir mes devoirs en tant que citoyen français et continuer à diffuser cette culture en territoire brésilien. Pour résumer, un ami m’avait un jour appelé « le plus français des Brésiliens », ça peut paraître prétentieux, mais j’aime me sentir comme cela. Enfin être français, c’est être chauvin, n’est-ce pas ?

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – Brésil) mars 2011

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