RENCONTRE – Gérard Israël : de la défense de la culture des Droits de l’Homme

Spécialiste des Droits de l’Homme et de l’Histoire des idées religieuses, le professeur Gérard Israël était en visite cette semaine au Brésil pour présenter la publication d’un de ses ouvrages traduit en portugais. Fervent défenseur de ce qu’il nomme « la culture des Droits de l’Homme », il se qualifie d’ « optimiste farouche »

Diplômé de la Sorbonne, ancien membre du Parlement et à la tête de l’Institut International des Droits de l’Homme, Gérard Israël a publié récemment La question chrétienne, une pensée juive du christianisme*. Le philosophe est également un personnage central dans les relations entre juifs et chrétiens.

« Ne pas oublier le message de René Cassin »
La venue de Gérard Isräel est liée à l’initiative du Consulat Français à São Paulo qui a financé la traduction en portugais d’une biographie de René Cassin écrite par le philosophe. Prix Nobel de la Paix en 1968 et principal rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, René Cassin a dédié sa vie à la défense de cette cause. Le collègue de travail et ami de Gérard Israël, Guilherme Assis de Almeida, professeur de Droit à la USP, a également collaboré à la sortie de ce livre. Celui-ci sera distribué dans les écoles, pour faire connaître ces valeurs universelles. « Les gens ne sont pas conscients de l’importance des Droits de l’Homme » explique Gérard Israël qui ajoute qu’une position « vindicative » est nécessaire.

Redonner naissance à cette problèmatique
Soixante ans après sa rédaction,  la DDHC ne doit pas être oubliée selon le philosophe, dont la mission est – selon lui – de « restaurer la dignité humaine ». Si la culture des Droits de l’Homme est difficile à définir, souvent dénoncée comme européenne, elle reste un « combat quotidien et de chacun » explicite t-il. Elle place l’individu comme sujet de Droit International, comme entité inattaquable. Et sans négliger les critiques historiques, notamment de la part de l’URSS et des Etats du Tiers Monde, il convient de revaloriser toutes ces valeurs. Contrairement à certains qui pensent que tous les Droits de l’Homme sont indivisibles et donc de même importance – Gérard Israël distingue trois droits fondamentaux à défendre à tout prix : le droit à la vie, le droit à l’intégrité de la personne et le droit à la justice (un procès équitable par un tribunal indépendant). Dès que l’on bafoue un de ces droits, on sort de l’Humanité. En jeu également se trouve la justice internationale, avec pour juridiction suprême la Cour Pénale Internationale. Le Droit est alors appliqué au nom de la Communauté Internationale, avec l’espoir d’être une force dissuasive.

Selon Gérard Israël, « la culture constitue indéniablement une barrière aux violations des Droits de l’Homme », l’éducation étant donc le vecteur d’action. C’est pourquoi il est heureux de pouvoir venir présenter en Amérique Latine son travail, saluant au passage l’initiative audacieuse de la représentation diplomatique française à São Paulo. Le philosophe espère également que d’autres de ses ouvrages seront traduits et diffusés outre-Atlantique.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – Brésil) décembre 2010

*Publié aux Editions Payot
René Cassin e os Direitos Humanos, Gérard Israël – Editora da Universidade de São Paulo
Titre Original : René Cassin (1887-1976). La guerre hors la loi avec De Gaulle – les droits de l’Homme

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