EXPOSITION – Le Brésil du XIXème vu par un peintre français

Arrivé au Brésil en 1816 avec d’autres artistes français, Jean-Baptiste Debret a laissé à travers ses œuvres de nombreux témoignages sur les us et coutumes de l’époque. La Caixa Cultural propose jusqu’au 16 juin une très belle exposition intitulée « Debret Viagem ao Sul do Brasil »

Au XIXème siècle, ce sont les artistes étrangers qui ont le plus peint le Brésil. Jean-Baptiste Debret (1768-1848) fait partie de ses peintres qui ont fixé dans le temps la vie coloniale. Son Voyage Pittoresque et Historique au Brésil, ou Séjour d’un Artiste Français au Brésil, publié à son retour en France, reste une référence pour les Historiens.

Des Français à la Cour
Sollicitée par Dom João VI, la Missão Artística Francesa avait pour but de développer le système d’enseignement supérieur artistique, dans le cadre du renouveau des relations diplomatique entre les deux pays à la chute de Napoléon. La Cour Portugaise, alors exilée à Rio de Janeiro, entendait rénover la vie culturelle du pays. Selon cette volonté, Antonio de Araujo e Azevedo, Comte de Barca aurait eu l’idée d’inviter quelques artistes français. Avec Joachim Lebreton comme leader, le groupe forme une école d’arts qui deviendra par la suite les Beaux-Arts.

Peintre apprécié de la Cour en exil, Jean-Baptiste Debret a été régulièrement amené à en représenter les membres, comme Dom João VI et l’Archiduchesse Maria Leopoldina d’Austriche. Lors de son  mariage avec Dom Pedro I, le Français peindra la scène d’arrivée dans le port de Rio, acclamée par le peuple. Il installe son atelier à l’Académie Impériale en décembre 1822 et devient un éminent professeur dès 1826. Trois ans plus tard, il organise la première exposition d’art du Brésil. Dans le cadre d’une correspondance avec son frère, curieux d’en savoir plus sur la vie outre-Atlantique, Debret fait de nombreux croquis de rue, de personnages et de scènes courantes. Il s’intéresse tout particulièrement aux esclaves et aux indiens. Avec le travail de l’Allemand Johann Moritz Rugendas (1802-1858), ses œuvres constituent un des plus importants supports de documentation sur la société des dernières décennies du XIXème siècle.

Diffuser ce passé national
L’exposition à la Caixa Cultural présente une soixantaine de toile représentant des paysages et des scènes de vie, qui proviennent de la Fondation Castro Maya. Raymundo Ottoni de Castro Maya (Paris 1894 – Rio de Janeiro 1968), homme d’affaire et surtout grand amateur d’art, avait à cœur de partager avec le public ses acquisitions. Il avait acheté dans les années 40 plus de 500 œuvres de Debret, qu’il considérait comme faisant partie du patrimoine culturel du pays. C’est également ce grand personnage carioca qui a œuvré pour publier au Brésil des ouvrages contenant les peintures de Jean-Baptiste Debret.

Passionné d’art ou d’Histoire, ne passez pas à côté de cette exposition qui permet de mieux connaître le Brésil de la fin du XIXème.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo)

Informations pratiques :
Debret Viagem ao sul do Brasil – Entrée gratuite
Jusqu’au 19 Juin 2011 – Du lundi au samedi de 9h à 21h
Caixa Cultural São Paulo
Av. Paulista, 2083
http://www.caixa.gov.br/caixacultural

RESEAUX SOCIAUX – Le Brésil, pays d’Orkut dans un monde de Facebook

Orkut, vous connaissez ? Deux tiers des internautes brésiliens l’utilisent. Tandis que Facebook domine sans conteste internet avec plus de 590 millions de visiteurs dans le monde en janvier 2011, loin devant son principal concurrent Twitter, les Brésiliens font office d’exception avec une large préférence pour Orkut, réseau social développé par Google. Jusqu’à quand ?

Le principe des deux sites est le même : développer son réseau et rester en contact avec ses amis, et les amis de ses amis, ainsi de suite. Si vos connaissances sont sur un site, vous avez tout intérêt à vous inscrire sur celui-ci. En matière de choix de réseau social, le Brésil – désormais au 8ème rang mondial en nombre d’internautes* – se démarque du reste du monde en étant connecté principalement sur Orkut.

7 ans de succès croissant
Le réseau a été créé début 2004 par un ingénieur de Google Turquie, Orkut Büyükkökten et était à ses débuts très simple. Pour y entrer, on devait y être invité. Très vite, le site est venu se placer en tête des fréquentations internet, et grâce à de nombreuses modifications – on parle de 30.000 depuis les débuts – il a su s’installer et fidéliser ses utilisateurs. 2005 est l’année de la consécration, celle de la traduction du site en portugais conquérant une bonne fois pour toute les Brésiliens.

L’année suivante, l’entreprise est attaquée en justice par l’Etat brésilien à cause de certains contenus qui appelaient à la violence, notamment au racisme et à l’homophobie.

Le Brésil étant le principal pays utilisateur d’Orkut au niveau mondial – 50,60% des inscrits sont Brésiliens, suivi de l’Inde avec 20% – la gestion du site est déléguée à Google Brésil à partir de 2008.

Qui utilise le plus Orkut ?
Actuellement, 75% des internautes brésiliens, tous types d’accès confondus (domicile, cyber café,  collectivité), auraient un compte Orkut*. Pour donner un élément de comparaison, aux Etats-Unis, 51% des websurfeurs ont un compte Facebook. Seule la Turquie, avec 82% de possession de compte facebook, atteint un tel score**.

Le magazine Epoca, dans un article sur le sujet datant de fin mars, publie des statistiques intéressantes sur le profil des utilisateurs. En ressort le fait qu’il y a plus de femmes que d’hommes sur Orkut (54%/ 46%), tandis que sur les autres réseaux – Facebook, Twitter et Linkedln –  il y a deux fois plus d’hommes que de femmes. Quant au niveau d’études, les chiffres montrent que les utilisateurs d’Orkut sont principalement sans diplôme, seuls 11% ont complété leurs études supérieurs. Rappelons que Facebook avait été créé à ses débuts pour les étudiants de grandes écoles américaines. Du côté de la moyenne d’âge, Facebook concernerait en priorité un public plus âgé. 39% des « Orkutiens » ont moins de 17 ans, 37 % entre 17 et 35 ans.

Orkut vs. Facebook
Les derniers chiffres publiés par Comscore révèlent que le réseau créé par Mark Zuckerberg rattrape à grands pas son concurrent, atteignant la moitié du nombre de visiteurs uniques (17,92 millions pour Facebook, 32,4 millions pour Orkut). Il y a un an, le géant américain avait à peine 5 millions de visiteurs au Brésil, contre 24,6 millions pour le site de Google. Outre le fait qu’Orkut continue à croitre, beaucoup disent que ce dernier ne va pas garder sa position dominante longtemps.

On peut tout à fait avoir un compte de chaque réseau me direz-vous… Sauf que les chiffres montrent que si 88,5% des utilisateurs de Facebook utilisent également Orkut, la réciproque n’est pas vraie puisque 32,5% des utilisateurs du second se connectent sur le réseau américain. La bataille entre Orkut et Facebook fait rage, il n’y a visiblement pas de place pour deux réseaux sociaux proposant le même service au Brésil. Les deux entreprises se lancent dans une course à la séduction des internautes brésiliens, pour gagner chaque jour un peu plus d’adhérents. Dernière grande tendance : les jeux en ligne qui cartonnent sur les deux sites et sont très lucratifs.

Plus intuitif et personnalisable, Orkut se démarque en jouant la carte du « réseau social des Brésiliens », adapté à leurs attentes. Ce qui n’est pas le cas de son concurrent qui lui surfe sur l’américanisme à la mode. Combien de temps avant que Facebook ne vienne à bout de son rival au Brésil ?

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – Brésil )

*Comscore  “Estado da Internet“
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http://www.scribd.com/doc/48622322/ComScore-SOI-Brazil-Webinar-Feb-2011

TOURISME – Salvador, ou l’autre Brésil

Pour tout carioca ou pauliste, Bahia est un pays différent. Chargée d’Histoire et pleine de mythes, la Capital da Alegria a un charme bien à elle. Passée la période agitée du Carnaval, petit tour dans cette ville qui prend le temps de vivre

São Salvador de todos os santos, troisième ville en taille du pays, réputée pour la gentillesse et le sourire de ses habitants, les soteropolitanos, est avant tout un témoignage : du passé, de la construction de la mosaïque qu’est le pays, des différentes périodes qu’a traversées la terre du Pau Brasil et surtout du riche apport culturel des immigrés africains. Son climat chaud et sec en fait une destination très agréable lorsque les températures descendent au Sud.

Roma Negra
La légende dit que Salvador serait dotée de 365 églises catholiques, soit une pour chaque jour de l’année. Première capitale du Brésil, son patrimoine architectural, baroque et coloré, lui donne un cachet atypique. La vielle ville, située côté baie, est composée de deux parties : le port, où l’on trouve le Mercado Modelo (ex marché des esclaves, transformé en un ensemble de stands de souvenirs) et le Pelourinho, ville haute. Pour y accéder, il faut prendre le célèbre Elevador Lacerda, construit en 1873. Arrivé au sommet, la vue est impressionnante.

Classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1985, le Pelourinho regorge de monuments historiques tout aussi beaux les uns que les autres.  Ne râtez pas les incontournables Terreiro de Jesus et le Largo do Pelo, mais l’église São Francisco vaut aussi le détour.

Le soir, le Balé Foclorico da Bahia, présente des spectacles de danse traditionnelles très intéressants. Un peu plus au Sud, vous trouverez la place Campo Grande, lieu central du Carnaval.

Au bord de la mer, le Musée d’Art Moderne mérite de s’y attarder, ne serait-ce que pour la vue. Il propose le samedi soir des concerts de jazz avec coucher de soleil inoubliable.

Caïpirinha de caju, acarajé et moqueca au bord de la mer
La ville étant assez étendue, un tour en bus touristique permet de se rendre d’un lieu à l’autre plus facilement. Plus à l’écart se trouve l’Eglise de Nosso Senhor Bonfim et ses fitinhas de toutes les couleurs, emblème de la ville. En revenant le long du littoral, s’élèvera face à vous le célèbre phare de Bahia à l’entrée de la baie – Farol do Barra – ainsi que sa plage renommée. Le quartier Rio Vermelho, plus moderne, est idéal pour dîner le soir. Il est en effet impossible de parler de Salvador sans évoquer les merveilles gustatives que l’on peut y découvrir.

Au Mercado do Peixe, lieu de rencontre populaire, on peut manger une très bonne moqueca de camarão pour un prix très raisonnable. Le crabe – caranguejo – cuisiné dans du lait de coco, y est délicieux et bon marché. Pour accompagner le tout, une petite caïpirinha de cajù. Vous n’échapperez pas non plus aux acarajés – petits beignets fris garnis de crevettes – vendus un peu partout par des femmes en costume traditionnel.

Tant que vous êtes à Bahia, pourquoi ne pas en profiter également pour passer quelques jours sur les plages paradisiaques du littoral bahianais ? Mais ça, ce sera pour un prochain article !

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo)

RENCONTRE – Tom Lisboa, quand l’art joue avec internet

Dernière semaine pour visiter la très belle exposition Mirando(a) de Tom Lisboa à la Caixa Cultural da Sé.  Rencontre avec ce jeune artiste de Curitiba, dont le terrain de jeux est l’espace urbain et la toile internet

Tom Lisboa crée des installations – utilisant différents médias, afin de modifier l’expérience que peut faire le spectateur d’un espace singulier –et joue sur les supports, principalement à l’aide de la photographie et d’internet. Pour Mirando(a), des photographies d’oiseaux dans des cadres ont été placées dans tout Curitiba lors d’un événément culturel. L’intégralité des images ont été prises sur internet, l’artiste ayant fait l’assemblage et la mise en situation. Pour l’exposition à la Caixa Cultural, ses installations ont été prises en photographie, créant une mise en abîme. Le résultat, bien que différent de la création initiale, est tout  aussi intéressant.

« J’utilise la ville comme si c’était une galerie »
Habitué des mises en situation urbaines, il a travaillé sur de nombreux supports et dans différentes villes. « Mon travail est toujours très bon marché, je me suis donné comme contrainte de ne pas dépasser le budget de 250 reais par intervention». Il utilise son site internet pour lancer des idées que reprennent par la suite d’autres personnes. Pour Polaroides (in)visíveis, Tom a invité d’autres artistes à participer au travail photographique. « En fait, les événements dans les villes sont souvent un prétexte pour pouvoir ensuite travailler en photographie » ajoute-t-il. Tel a été le cas pour Mirando(a), « c’est le même nom mais les deux œuvres (installation et exposition des photographies) sont perçues de manières différentes par le public ».

Internet sous toutes ses formes
« Je l’utilise de pleins de façons différentes. Ainsi, certaines de mes œuvres ne sont que sur le web, d’autres commencent sur internet et deviennent ensuite des expositions... » Cela lui permet également de travailler en collaboration avec de nombreux artistes. Pour « Ação urbana – LUGAR » par exemple, il a eu l’idée d’un parcours dans une ville illustrée par des photographes. L’oeuvre prend la forme d’une carte interactive. En partant de consignes de base simples, plus de 110 personnes ont travaillés avec Tom sur ce projet. Une des œuvres de cette série représente Paris, en partenariat avec deux photographes brésiliens qui se sont chargés des clichés. Sur les 31 villes déjà photographiées, seules 5 ou 6 l’ont été par Tom Lisboa lui-même. De nombreuses villes sont prévues pour les mois à venir.

L’artiste voyage dans tout le Brésil pour participer à des projets artistiques, il était notamment présent lors de la Virada Cultural au SESC Belezinho. Le fait de travailler de manière indépendante, en dehors de galeries, lui permet une grande liberté de création. « Quand je crée mes oeuvres, ce n’est pas pour les vendre ».

Tom Lisboa sera présent à São Paulo lors de la SP Arte, foire internationale d’art qui aura lieu du 12 au 15 mai. En attendant, ne ratez pas son exposition à la Caixa Cultural da Sé.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo)  

Mirando(a) jusqu’au 1er mai 2011
Caixa Cultural São Paulo
Praça da Sé, 111 – Centro
(11) 3321 4400 – De 9h à 21h, tous les jours sauf le lundi. Entrée gratuite

A consulter : Site officiel de Tom Lisboa http://www.sintomnizado.com.br/index.htm

TOURISME – Ilhabela, la magnifique

Parmi les destinations les plus prisées du littoral pauliste, rencontre idyllique entre océan, montagne et forêt tropicale, Ilhabela – située en face de São Sebastião – est une petite merveille, parfaite pour quelques jours de repos parmi les colibris. Sportifs ou adeptes de la bronzette, n’hésitez plus !

A quelques heures de transport de la capitale, Ilhabela est la seconde plus grande île maritime du Brésil et bénéficie d’un cadre exceptionnel. Plus des trois quarts de son territoire sont encore recouverts de Matâ Atlantica, protégée depuis 1977 par un Parc national. Très peu urbanisée, elle a gardé toute sa splendeur.

Côté plage
Avec 36 km de côte et 45 plages, le voyageur a l’embarras du choix. Des plus sauvages, accessibles uniquement par bateau, aux plages les plus fréquentées, elles ont toutes leur charme. Les plages côté océan, dont la plus connue est Castelhanos, sont à couper le souffle, mais s’y baigner est délicat car les courants sont très forts. Pour y accéder, il faut prendre un bateau ou traverser l’île en jeep. L’option maritime, avec quelques dauphins pour les plus chanceux, vaut la peine.

Au nord du port où arrive la Balsa (navette maritime), les plages do Perequê, Engenho d’Agua  et Santa Tereza, avec son marché de poissons, sont très agréables et tranquilles. Les plages du Sud, plus étroites, sont paradisiaques et parfaites pour les adeptes de plongée. Emportez votre masque et tuba : pas nécessaire d’être un professionnel pour admirer de beaux poissons. Au Sud de la Balsa, la Praia Pedras Miudas (Ilha das Cabras) est très mignonne, mais pas autant que sa voisine, la Praia do Oscar. Coup de cœur pour la Praia Julião, dont le restaurant de plage est d’un très bon rapport qualité/prix. Une constante : de l’eau transparente et un paysage magnifique.

Pour les aventuriers
Ilhabela jouit d’une faune et d’une flore exceptionnelles. De nombreuses trilhas permettent d’en profiter, mais il est fortement conseillé de faire appel à un guide. Le relief montagneux rend quelques promenades très sportives, comme celle qui mène au Pico do Baepi, à plus de 1000 mètres d’altitude, ou encore l’ascension du sommet le plus haut, le Pico do São Sebastião culminant à 1378 mètres. D’impressionnantes cachoeiras (cascades) attendent les plus courageux. Depuis la plage de Castelhanos, une trilha permet d’accéder facilement à la Cachoeira do Gato.

Le Parque Estadual – à qui l’on doit la préservation de la biodiversité de l’île – propose des circuits amenant à des piscines naturelles et à la cascade Agua Branca. La Mata Atlantica de l’île abrite plus de 800 espèces d’oiseaux, 180 d’amphibiens et 131 espèces de mammifères. Inutile de préciser qu’un bon anti-moustique et des chaussures de marche sont indispensables.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo) vendredi 15 avril 2011

Informations pratiques :

Accès :  
En voiture : 210 km de São Paulo. 435 km de Rio de Janeiro Aller jusqu’à São Sebastião puis prendre la navette maritime (toutes les demi-heures).
En car : depuis la Rodovaria Tietê – Compagnie Litorânea. Le bus dépose devant la Balsa http://www.passaromarron.com.br.
Remarque : il est largement possible de se déplacer en taxi et en bus sur l’île mais la voiture facilite les déplacements

Hébergement :
L’île compte de nombreuses pousadas, celles du Sud sont souvent très chères. Optez plutôt pour Barra Velha (proche de la Balsa) ou Perequê. Evitez le camping, particulièrement au sud, les moustiques ne pardonnent pas.

Quelques bonnes adresses :
Restaurant PIER 18. Av. Princesa Isabel, Perequê 657 (12) 3896-6222 – Cadre agréable, service de qualité, prix raisonnables, poissons et fruits de mer délicieux.
Ecoway Passeios, promenades en jeep et en bateau. (12) 3896-7222 http://www.ecowaypasseios.com.br
Pousada Mirailha. Traversa Pedro Garcia, 99. Barra Velha (12) 3895-1359.  http://www.mirailha.com.br. Sur les hauteurs avec une vue magnifique, piscine. Bon marché et propre. A éviter sans voiture.  
Point de taxi Barra Velha (proche Balsa) : (12) 3895-8234. Sur toute l’île les taxis fonctionnent avec des prix de courses dépendant de la zone.

BILLET D’HUMEUR – São Paulo / Rio : sœurs ennemies ?

Les rivalités entre grandes villes d’un même pays se retrouvent dans le monde entier. A New York s’oppose Los Angeles, Paris à Marseille, Rome à Turin… A ma droite Rio, 446 ans, ses plages de sable fin, le Corcovado, « A garota de Ipanema ». A ma gauche, São Paulo, 457 ans, ses grandes avenues, ses hommes en costard-cravate, sa vie nocturne

Les Paulistes vont diront que Rio est une ville extrêmement dangereuse, que les Cariocas sont des arnaqueurs et que Rio c’est bien pour les vacances, mais pour y vivre, non merci. Les Cariocas à l’inverse prétendent que São Paulo est bien plus risquée, que la vie y est horrible, que les Paulistes sont désagréables et ont un accent irritant. Par contre, pour un meilleur poste, ils seraient prêts à quitter leur ville, certes mais à contre-cœur. Et lorsqu’un étranger arrive au Brésil, un des premiers dilemmes qu’il doit affronter est : vivre à São Paulo ou à Rio ?

Quand on arrive en ville
Les deux villes sont complètement différentes, et au bout d’une heure sur leur sol, les impressions sont opposées. Rio vous en met plein la vue dès le début, à peine sorti de l’avion on est amoureux, « love at first sight« … La mer, les morros, la végétation tropicale. Pour un Européen, la Cidade Maravilhosa fait un effet bœuf. Elle vous transporte instantanément dans un autre monde. La vie y paraît douce, les gens pas pressés. « Plage et cocotier » en quelque sorte…

São Paulo, terra da Garoa (petite pluie fine) – si ce n’était pas perdu d’avance avec ce surnom – est, au contraire, une ville qui est repoussante de prime abord. On remarque souvent d’abord l’anarchisme architectural, le bruit, les embouteillages, le ciel gris. Elle n’est ni charmante ni séductrice, elle doit s’apprivoiser. Mais très vite, on se rend compte que sa beauté réside ailleurs, dans son dynamisme. Il faut dépasser la première impression pour la savourer, elle ne veut pas de tous ceux qui sont venus au Brésil uniquement pour la plage et le soleil. São Paulo vit à 100 à l’heure, elle est carriériste et travailleuse.

Deux villes, deux Brésils
Quelques éclairages historiques permettent de mieux comprendre cette rivalité entre les deux villes, qui sont nées dans des contextes totalement différents. La première a été fondée par des navigateurs portugais, a été la capitale du pays pendant 200 ans et a même accueilli pendant un temps l’Empereur du Portugal. Elle est depuis longtemps une destination touristique prisée et accueille la jet-set. La seconde a été fondée quelques années auparavant par des jésuites en mission, et s’est dès le début imposée comme centre économique. Il faut toutefois attendre le XXème siècle et l’immigration massive pour qu’elle prenne véritablement de l’ampleur.

Rio, après un court passage à vide, semble avoir repris du poil de la bête et ne plus être simplement le « vieux beau » –  vivant sur ses acquis – qu’elle était il y a quelques années. La musique garde une large place, elle voit naître de nombreux artistes de la MPB  et de la Bossa Nova. Et surtout, Rio reste magnifique avec ses vieux quartiers et son soleil de plomb. São Paulo, malgré sa grisaille, jouit d’une activité économique sans égal, faisant d’elle un pôle en la matière pour toute l’Amérique Latine. À cela s’ajoute une vie culturelle épatante ; sur le site de l’Estadão, un internaute a défini la ville comme « l’ endroit où il y a plus d’expositions que le temps ne vous permet d’en voir ».

La victoire revient à…
Dans l’impossibilité de statuer objectivement, habitant à São Paulo, mais sous le charme de Rio, je ne suis visiblement pas la seule dans cette situation. J’ai choisi, volontairement, d’éviter les sujets qui fâchent à savoir : l’accent, le football, la musique, le carnaval … Je laisse Tom Jobim conclure, avec deux chansons dédiée aux deux villes :

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Et vous, Carioca ou Pauliste ? Faites nous partager votre expérience ! Pour l’avenir, la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques devraient attiser encore un peu plus la rivalité.