ASSOCIATION – L’incroyable travail de Mucky pour la protection des singes

Victimes du trafic  illégal et de maltraitance, de nombreux singes ont de cruels destins au Brésil. C’est en croisant en 1985 le regard de Mucky, petit saguin en souffrance, que Livia Botar a décidé de recueillir et soigner des primates dans la même situation. Vingt cinq ans après, l’association Mucky prend en charge plus de 200 singes, dont certaines espèces en voie de disparition

Le trafic d’animaux est un réel problème pour le pays, menaçant notamment les espèces rares. Dans le cas des singes, ce phénomène est dévastateur. En effet, les trafiquants tuent les parents pour pouvoir prendre le bébé, et ensuite le vendre tant qu’il est petit. Mais lorsque ces adorables petites créatures grandissent, il est impossible de les garder comme animal de compagnie. Quand les singes atteignent leur maturité sexuelle, leur caractère devient plus marqué et ils peuvent être violents. En plus d’une alimentation inadaptée, leur propriétaire les maltraite alors souvent, leur causant de nombreuses blessures physiques – souvent irréversibles – mais aussi des préjudices psychologiques très graves. Les animaux sont ensuite abandonnés, souvent dans des états très critiques.

Deux destins se croisent, la nécessité d’agir
Livia Botar fonde l’association lorsqu’elle commence à entrevoir les atrocités que certains singes subissent. Mais très vite, le nombre de primates qu’on lui apporte explose. Une fois saisis par la police, les singes passent par des centres de triage pour les animaux sauvages mais souvent, on ne leur laisse pas une chance de survie. C’est là qu’intervient le projet Mucky. « Donner une vie décente à ses animaux, soulager leur souffrance » explique Livia.

Dans les locaux de l’association situés à Itu, à une heure de São Paulo, chaque singe est suivi médicalement et reçoit cinq repas par jour. Une vétérinaire est présente, certains singes ayant besoin de d’être opéré. Beaucoup doivent être amputés suite au contact avec des fils électriques. L’association emploie une douzaine de salariés, ne comptant pas leurs heures car les singes doivent être suivis constamment. Le travail accompli est titanesque, pour offrir à ces singes une vie meilleure.

Les singes vivent par deux en général, mais il n’est pas toujours évident de faire cohabiter tout ce petit monde. Chaque quadripède a un nom et une histoire particulière. On croise par exemple Bill, sagui de trufo preto, qui a du être amputé des deux pattes arrières suite à des mauvais traitements, mais qui fait preuve d’une énergie pour survivre incroyable. Il y a aussi Tikinho et Mika, Mico de cheiro, venant d’Amazonie et qui avaient été capturés petits. Ou encore Venus et Jupiter, Bugio Ruivo, espèce en voie d’extinction car réputée pour sa viande. Zaguinho, elle aussi d’une espèce rare, vivait en périphérie de São Paulo dans une forêt qui a été rasée pour construire une zone industrielle. Elle vivait donc sur le parking de celle-ci et en cherchant de la nourriture dans les locaux elle a été gravement blessé et a dû être amputée de la main gauche.

Un besoin de financement croissant et une mission de sensibilisation
L’association Mucky ne fonctionne que par donations, elle ne reçoit en effet aucune aide pécunière du gouvernement. La Fondation Brigitte Bardot l’aide financièrement, en payant une partie de la nourriture des animaux. « J’ai été frapper à la porte de l’association pour présenter mon projet et demander de l’aide » précise Livia Botar. Le nombre de singes croît sans cesse, car il est impossible de les relâcher dans la nature, ceux-ci ne sachant pas se nourrir par eux-même ou se défendre. La réintroduction demande énormément de temps et d’argent, or l’association ne peut pas assumer cela.

La prévention et une meilleure information sont également des moyens de lutte contre ces actes de barbarie, envers lesquels les pouvoirs publics n’ont que peu d’intérêt. Une mission de sensibilisation de la population est mise en place, notamment dans les écoles. Une loi contre le trafic des animaux existe bien, mais elle est peu respectée. Vanessa, une salariée, nous explique que selon elle la législation  est inadaptée, la vente de petits macaques dans les Petshop étant autorisée. Mais ceux-ci rencontrent les mêmes problèmes que ceux achetés illégalement ! La protection des animaux, et en particulier celle des singes, n’étant pas reconnue comme d’utilité publique, les associations disposent de peu de moyens et la loi les entrave plus qu’elle ne les aide. L’association Mucky est l’unique dans son genre au Brésil, la protection des petits primates étant bien moins médiatisée que celle des grands comme des gorilles.

Clémentine Vaysse (www.lepetitjournal.com – São Paulo) Janvier 2011

Pour en savoir plus, visitez le site de l’Association
Pour les aider, vous pouvez faire une donation ici ou encore acheter un de leurs produits ici
A noter également : La sortie de trois livres pour enfants écrits par Livia Botar et dont les bénéfices seront reversés à l’association

CARITATIF – A Casa da Crianças, foyer d’accueil pour enfants et adolescents

Association à but non lucratif fondée il y une trentaine d’années, A Casa da Crianças de Santo Amoro accueille actuellement plus de 100 enfants par jour dont 40 sont entièrement pris en charge. Elle donne une seconde chance à des enfants en situation délicate, dont certains attendent d’être adoptés. Parmi les bénévoles de ce foyer d’accueil, se trouvent notamment les « tias » (taties), une quinzaine de françaises œuvrant pour récolter des fonds pour La Casa

Un lieu de vie et d’accompagnement chaleureux

A proximité du quartier chic de Boa Vista, au détour d’une rue, se trouve une maison pas comme les autres. Les enfants y sont rois et chouchoutés, on en oublie parfois leur parcours difficile. L’association compte une vingtaine d’employés et deux types d’accueil sont proposés : d’une part du soutien scolaire et des activités culturelles à la demi-journée pour une soixantaine d’enfants, et d’autre part un foyer d’accueil pour une quarantaine d’enfants retirés de leurs familles, notamment sur décision de justice. Salle de lecture, d’informatique, de jeux mais aussi psychologue et suivi médical, tout ici est fait pour que les enfants se sentent le mieux possible. Il se dit même que le cuistot, Ronaldo, est le meilleur de tout São Paulo !

Des besoins de financement croissants

Avec 30.000 R$ de frais de fonctionnement mensuel, la Casa da Crianças est en recherche constante de nouvelles ressources financières. Grâce au soutien de grandes entreprises comme Carrefour ou Leroy Merlin, les locaux ont commencé à être rénovés. L’association fonctionne surtout sur les donations et l’organisation d’événements. Ainsi, des « bazars » sont régulièrement organisés ainsi que des tombolas au profit du foyer. Une nouvelle loi, la FUANCAD, permet également aux entreprises de reverser 1% de leurs impôts à une association de ce type. Ce soutien est indispensable pour la Casa, dont le but est d’agir à long terme, d’offrir à ces enfants un avenir meilleur. Dona Stella, présidente de l’association, insiste sur le fait qu’il s’agit de bien plus qu’un accueil temporaire mais d’un travail de fond visant à donner aux enfants toutes les chances de s’en sortir. Les enfants hébergés le sont normalement pour une période de 2 ans, les parents étant par ailleurs suivis. Il y a ici aussi des enfants en attente d’adoption. Dans la même rue que la maison des enfants se trouve un foyer d’accueil pour les adolescents qui sont en ce moment au nombre de 8.

Les tias françaises

Au sein de l’association se trouvent différents groupes récoltant des fonds, de toutes nationalités. Les « tias » (taties) sont des bénévoles françaises et sont une quinzaine à s’impliquer dans le foyer. Elles organisent en ce sens des événements pour récolter des fonds. Ainsi, ce samedi aura lieu un Churrasco de bienfaisance au profit de la Casa da Crianças à l’Espace Scandinave à partir de midi (70R$ par adulte). Une tombola se tiendra avec de nombreux lots à gagner. Voici une belle opportunité de se régaler tout en faisant une bonne action.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo) vendredi 24 septembre 2010

Réservation pour le repas par mail acasadacrianca@hotmail.com ou par téléphone au 8127-2729 (Martine), 8795-3333 (Sylvie) ou 9341-9449 (Céline)

A noter également si vous souhaitez soutenir l’association, la possibilité lors de vos achats de donner le CNPJ de l’association (61054698/0001-12) au lieu du CPF, la détaxation étant reversée directement au foyer.