PORTRAIT – Jorge, le plus francophile des taxis cariocas

Il tutoie ses clients et parle un français irréprochable. Impossible de définir s’il est breton, corse ou parisien. Et pour cause, Jorge est brésilien. Mais ne vous y trompez pas, ce cinquantenaire n’a jamais pris un seul cours pour apprendre la langue de Molière. Focus sur un parcours atypique…

Tout a commencé dans les années 80 alors que Jorge travaillait dans un hôtel de luxe à Copacabana. Un de ses collègues conducteurs de taxi était français et n’arrivait plus à répondre à la demande de ses clients francophones. Jorge s’occupe alors du surplus, mais sans parler la langue. Il maîtrise déjà l’anglais.

Un jour, alors que Jorge – qui a 35 ans à l’époque – conduit pendant un mois un groupe d’amis français, un de ses clients  lui propose un séjour dans l’Hexagone. Jorge part en avril 1989 pour 6 mois en Haute Savoie. Son hôte est marié avec une Brésilienne francophone et il désire apprendre le portugais. Le but du séjour est alors clair : Jorge apprendra à son ami sa langue maternelle, tandis que celui-ci lui enseignera le français. Jorge a une méthode d’apprentissage des mots particulière, mais efficace : « J’avais un répertoire avec trois colonnes : une avec le mot en français, une pour la traduction en portugais et enfin une pour la prononciation en phonétique ». Jorge revient pratiquer son activité de conducteur de taxi à Rio, mais effectue de réguliers séjours en France.

Il devient au fil des ans bien plus qu’un simple taxista pour ses clients francophones, certains faisant selon lui « partie de la famille ». Ce n’est pas seulement un chauffeur, ni vraiment un guide, mais il propose plutôt un « accompagnement personnel ». Son but est « de faire connaître la ville au fur et à mesure, de s’en imprègner ». Il propose à ses clients différents points de vue et explique que selon lui « Il faut trois jours pour connaître Rio ». Il réceptionne régulièrement les chefs de bord d’Air France pendant leurs escales et travaille uniquement par bouche à oreille. S’installer définitivement en France ? « Je n’y ai jamais pensé, la France c’est pour les vacances » ; il avoue se sentir « plus utile ici ». Aujourd’hui, il parle français environ 8 heures par jour puisque 99% de ses clients sont francophones.
Désolé, nous nous pourrons pas vous fournir ses coordonnées car il a un agenda de ministre… Mais il est possible qu’il prenne un jour un associé, peut-être alors aurez-vous votre chance !

Clémentine VAYSSE (http://www.lepetitjournal.com– Rio de Janeiro) lundi 24 janvier 2011

PORTRAIT – Endrigo, jeune professeur de français à l’Alliance Française

Francophone et francophile, Endrigo a eu envie de revenir au Brésil, après avoir habiter habité en France pour faire partager sa passion de la langue et la culture française. Il nous raconte son parcours et sa manière de concilier les cultures de son pays natal et de sa terre d’adoption

Le Petit Journal : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Endrigo : Je m’appelle Endrigo, j’ai 35 ans, je suis né au Brésil de parents brésiliens. Je suis professeur licencié en Histoire (UNESP, Assis, SP). Pendant mon cursus universitaire, je me suis spécialisé dans l’Histoire de la France et cela m’a beaucoup inspiré à partir en Europe.

Vous êtes franco-brésilien, pouvez-vous décrire brièvement votre relation avec vos deux pays, vous identifiez-vous plus à l’un des deux ?
Je suis parti à l’âge de 20 ans pour faire un apprentissage en bijouterie (création/ restauration) grâce à l’aide d’un ami de la famille qui est français et passionné par la restauration de bijoux anciens. Peu à peu, je me suis plongé dans cette culture qui est devenue la mienne. J’ai trouvé un travail, acheté un appartement, et surtout, j’ai acquis la nationalité française. Seulement, après quinze ans de vie en France loin de ma famille et, compte tenu de la situation socio-économique en Europe, j’ai décidé de rentrer au Brésil et mettre en pratique mon expérience en tant que professeur. Aujourd’hui mon cœur balance entre deux continents, mais heureusement il y a Internet pour pouvoir gérer cette distance.

Etes-vous bilingue de naissance ?
Non, mais j’ai appris le français de façon assez rapide car ma mère avait étudié dans un collège français, et donc cette langue était toujours présente dans notre quotidien.

En quoi cela a-t-il influencé votre parcours ? Considérez-vous cela comme un réel avantage ?
Effectivement, je pense que cette influence maternelle m’a beaucoup aidé à trouver mon parcours professionnel, et même ma propre identité. Le français pour moi est plus qu’une langue, il représente une culture et un art de vivre qui m’accompagnent depuis l’enfance.

Pourquoi avoir choisi de venir travailler au Brésil ? Et à l’Alliance Française ?
En vérité ce choix s’est fait tout seul. J’avais d’un côté une Europe où le chômage augmentait chaque jour, et de l’autre un pays émergent comme le Brésil où les possibilités étaient pratiquement infinies. Ce fut alors que j’ai décidé d’unir mon expérience en tant que professeur, la langue, et la culture que j’avais acquis en France pour faire un seul et unique métier : professeur de français. Mon prochain pas, toujours avant de venir, a été de chercher où travailler ici au Brésil. J’avoue que l’idée de devenir professeur dans une école de langues quelconque ne me séduisait pas. Je savais que pour apprendre le français, le lieu par excellence serait l’Alliance Française. Alors j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai préparé mes valises, mon chat et je suis parti à nouveau pour l’aventure. C’est vrai que le fait d’être né au Brésil m’a beaucoup aidé avec la bureaucratie usuelle (visa, permis, etc.), mais j’ai décidé tout seul de courir après mon rêve. Dès mon arrivée, je suis allé à l’Alliance pour avoir un DALF et leur proposer mes services en tant que professeur.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?
Mes projets pour le futur sont : travailler, travailler, travailler… ça parait bizarre mais quand on fait quelque chose qu’on aime, le travail a un autre goût et tout paraît plus simple. J’aime la France et j’aime enseigner, alors pour moi c’est tout gagné ! Je cherche à me perfectionner chaque jour et proposer à mes élèves le meilleur de la France et de la langue française. Je suis constamment à la recherche de nouveaux supports et de techniques d’enseignement pour m’aider et pour compléter les méthodes déjà existantes à l’Alliance.

Désirez-vous vivre plutôt en France, au Brésil, les deux, ou ailleurs ?
Alors, voici une question difficile car le Brésil est mon pays de naissance et la France celui qui m’a adopté. Je compte pouvoir continuer à vivre et à travailler au Brésil tout en allant, dès que je le peux, en France pour revoir mes amis et les gens que j’aime. Je compte continuer à remplir mes devoirs en tant que citoyen français et continuer à diffuser cette culture en territoire brésilien. Pour résumer, un ami m’avait un jour appelé « le plus français des Brésiliens », ça peut paraître prétentieux, mais j’aime me sentir comme cela. Enfin être français, c’est être chauvin, n’est-ce pas ?

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – Brésil) mars 2011

FETE DE LA FRANCOPHONIE – São Paulo célèbre la langue française

Du 15 au 31 mars 2011, São Paulo accueille de nombreuses animations autour de la langue de Molière. Que vous soyez plutôt cinéma, concert ou théâtre, par ici le programme !

De manière inédite, les Consulats Généraux de France, de Belgique, du Canada, de Suisse ainsi que le Bureau du Gouvernement du Québec organisent cette année une grande fête de la Francophonie à São Paulo.

Le saviez-vous ?
Aujourd’hui, il y aurait plus de 220 millions de francophones dans le monde, répartis sur 56 pays. La Francophonie a été créée dans le but de se réunir autour d’une même langue, le français, mais aussi de valeurs communes, comme la liberté, la diversité culturelle, la paix, la démocratie, les droits de l’Homme, l’éducation ou encore le développement, valeurs mises en exergue par cette langue commune. Le français est la neuvième langue la plus parlée dans le monde, la deuxième plus apprise avec plus de 220 millions de personnes en cours d’apprentissage.

L’Organisation Internationale de la Francophonie a fait ses premiers pas au début des années 70 avec la création d’une Agence Culturelle et Technique, mais il faut attendre 2005 et une restructuration pour la voir s’imposer sous son nom actuel.  L’OIF compte actuellement 75 Etats membres et 19 Etats observateurs, ce qui représente un tiers des membres de l’Organisation des Nations-Unis. En hommage au Traité signé à cette date-là à Niamey au Niger, le 20 mars a été retenu depuis 1988 comme Journée Internationale de la Francophonie. Occasion, pour les francophones du monde entier, d’affirmer leur solidarité et leur désir de vivre ensemble, dans leurs différences et leur diversité.

Promouvoir la richesse de la langue française
Durant quinze jours, le français sera à l’honneur à São Paulo. Dans le domaine musical, les invités sont le Québécois Yann Perreau, ainsi que les Français Berry et le groupe Tryo, qui donneront à cette occasion des concerts dans la capitale.

Pour les cinéphiles, de nombreuses projections de films francophones sont prévues. A ne pas rater, la rétrospective consacrée à Claude Chabrol et aux auteurs de la Nouvelle Vague à la Galerie Olido dans le Centro et le cycle de Classiques du Cinéma Français à la Cinémathèque. Moins traditionnel et ouvrant à d’autres horizons, le Centro Cultural da Juventude Ruth Cardoso propose un cycle de Cinéma d’Afrique Francophone. Niveau théâtre, sera proposée une pièce intitulée   » Catharsis  » de l’auteur congolais Gustave Akakpoo, ainsi qu’un spectacle d’illusionnisme « O Francês é Magico  » de Benoit Rosemont.

Pour l’académique et universitaire, un Bureau des Amériques de l’Agence Universitaire de la Francophonie sera inauguré. A cela s’ajouteront d’intéressantes conférences, Pascal Boniface* et l’Historien Michel Winock** faisant le déplacement. Les conférences concerneront

L’équipe du Petitjournal.com de São Paulo vous souhaite une bonne fête de la Francophonie !

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo) mardi 15 mars 2011

Retrouvez l’intégralité du programme des événements sur le site :  http://www.aliancafrancesa.com.br/francophonie2011/, ainsi que dans notre agenda

Pour en savoir plus sur l’Organisation de la Francophonie : http://www.francophonie.org

* Un regard sur les espaces linguistiques dans le cadre de la mondialisation
**   Changer le Monde ou penser le Monde ?  /  La situation des intellectuels dans le contexte contemporain

CULTURE – Conversas do nosso tempo : une belle initiative de l’Alliance Française pour l’échange interculturel

Inviter des intellectuels français et brésiliens à s’exprimer sur des thèmes de société comme la communication, le multiculturalisme ou encore la laïcité, tel est le noble but du cycle de conférences organisé dans plusieurs villes du pays par l’Alliance Française. Gratuites et accessibles à tous, ces conférences sont l’occasion de confronter des points de vue et d’aboutir à un dialogue constructif. Le Petit Journal a assisté à une de ses conférences dont l’intervenant était Jean-Noël Jeanneney, ex-Ministre de la communication et intellectuel oeuvrant pour la protection de la culture

Une démarche humaniste

Le cycle de conférences Conversas de nosso tempo est un projet de l’Alliance Française avec la Chambre de Commerce Franco-brésilienne, le Consulat de France et l’Universo de Conhecimento. Il est composé de trois conférences, chacune présentée dans différentes villes (Rio, São Paulo, Campinas, Brasilia, Campinas, Bello Horizonte, Curitiba). Chaque invité expose son point de vue sur un thème d’actualité préalablement choisi, puis suit un interlocuteur brésilien spécialiste de la question qui exprime à son tour sa position. L’entrée est gratuite pour tous et sans inscription préalable, ainsi parmi l’auditoire on trouve aussi bien des élèves de l’Alliance, des intellectuels, des universitaires ou tout simplement des curieux ouverts sur le monde. À noter également, une traduction simultanée est mise en place ce qui permet aussi bien aux francophones qu’aux lusophones de comprendre l’intégralité des propos.

Jean-Noël Jeanneney ou le point de vue d’un intellectuel sur les espoirs et les craintes que suscite Internet

Énarque, professeur des universités, ex-Ministre de la Communication, directeur de la Bibliothèque Nationale de France, Jean-Noël Jeanneney est bien placé pour parler de la culture et de l’impact d’internet sur celle-ci. La conférence qu’il animait avec Carlos Seabra portait ce thème délicat et les deux interlocuteurs ne semblaient pas tout à fait du même avis. Si Jean-Noël Jeanneney voit en internet tous les possibles avec ce que cela implique comme menaces et dérives, son homologue brésilien y voit plutôt un moyen de développement et d’élargissement de l’accès à la culture. Les propos étaient très clairs, le dialogue fructueux. La conférence avait lieu dans les nouveaux locaux de l’Alliance Françaises à Jardins Trianon, dans une bâtisse magnifiquement aménagée.

Gardez un œil sur le programme !

Une autre conférence est déjà programmée avec Dominique Wolton, directeur du CNRS, sur le thème « Informer n’est pas communiquer » le 22 octobre à Rio et le 26 à São Paulo. Ce cycle de conférence est une très bonne occasion de réfléchir à des problématiques de fond aux nombreux enjeux et offre la possibilité aux protagonistes d’établir des relations entre les deux pays, donnait lieu parfois même à des collaborations sur le long terme. Un projet du même type est déjà prévu en 2011 avec d’autres thèmes tout aussi passionnants et sans doute des invités renommés. C’est l’occasion ou jamais d’avoir un rapport privilégié avec des personnes pas toujours accessibles en France et de réfléchir dans un cadre dépassant notre pays.

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo) lundi 20 septembre 2010

Retrouvez plus d’informations sur le cycle de conférences Conversas do nosso tempo sur le site de l’Alliance Française http://www.aliancafrancesa.com.br/

 

CULTURE – Conversas do nosso tempo : une belle initiative de l’Alliance Française pour l’échange interculturel

 

Inviter des intellectuels français et brésiliens à s’exprimer sur des thèmes de société comme la communication, le multiculturalisme ou encore la laïcité, tel est le noble but du cycle de conférences organisé dans plusieurs villes du pays par l’Alliance Française. Gratuites et accessibles à tous, ces conférences sont l’occasion de confronter des points de vue et d’aboutir à un dialogue constructif. Le Petit Journal a assisté à une de ses conférences dont l’intervenant était Jean-Noël Jeanneney, ex-Ministre de la communication et intellectuel oeuvrant pour la protection de la culture

 

Une démarche humaniste

 

Le cycle de conférences Conversas de nosso tempo est un projet de l’Alliance Française avec la Chambre de Commerce Franco-brésilienne, le Consulat de France et l’Universo de Conhecimento. Il est composé de trois conférences, chacune présentée dans différentes villes (Rio, São Paulo, Campinas, Brasilia, Campinas, Bello Horizonte, Curitiba). Chaque invité expose son point de vue sur un thème d’actualité préalablement choisi, puis suit un interlocuteur brésilien spécialiste de la question qui exprime à son tour sa position. L’entrée est gratuite pour tous et sans inscription préalable, ainsi parmi l’auditoire on trouve aussi bien des élèves de l’Alliance, des intellectuels, des universitaires ou tout simplement des curieux ouverts sur le monde. À noter également, une traduction simultanée est mise en place ce qui permet aussi bien aux francophones qu’aux lusophones de comprendre l’intégralité des propos.

 

Jean-Noël Jeanneney ou le point de vue d’un intellectuel sur les espoirs et les craintes que suscite Internet

 

Énarque, professeur des universités, ex-Ministre de la Communication, directeur de la Bibliothèque Nationale de France, Jean-Noël Jeanneney est bien placé pour parler de la culture et de l’impact d’internet sur celle-ci. La conférence qu’il animait avec Carlos Seabra portait ce thème délicat et les deux interlocuteurs ne semblaient pas tout à fait du même avis. Si Jean-Noël Jeanneney voit en internet tous les possibles avec ce que cela implique comme menaces et dérives, son homologue brésilien y voit plutôt un moyen de développement et d’élargissement de l’accès à la culture. Les propos étaient très clairs, le dialogue fructueux. La conférence avait lieu dans les nouveaux locaux de l’Alliance Françaises à Jardins Trianon, dans une bâtisse magnifiquement aménagée.

 

Gardez un œil sur le programme !

 

Une autre conférence est déjà programmée avec Dominique Wolton, directeur du CNRS, sur le thème « Informer n’est pas communiquer » le 22 octobre à Rio et le 26 à São Paulo. Ce cycle de conférence est une très bonne occasion de réfléchir à des problématiques de fond aux nombreux enjeux et offre la possibilité aux protagonistes d’établir des relations entre les deux pays, donnait lieu parfois même à des collaborations sur le long terme. Un projet du même type est déjà prévu en 2011 avec d’autres thèmes tout aussi passionnants et sans doute des invités renommés. C’est l’occasion ou jamais d’avoir un rapport privilégié avec des personnes pas toujours accessibles en France et de réfléchir dans un cadre dépassant notre pays.

Dominique Wolton

 

Clémentine VAYSSE (www.lepetitjournal.com – São Paulo) lundi 20 septembre 2010

 

Retrouvez plus d’informations sur le cycle de conférences Conversas do nosso tempo sur le site de l’Alliance Française http://www.aliancafrancesa.com.br/